October 1, 2022
October 1, 2022
September 30, 2022

Published by Admin
September 29, 2022

@THOMAS VOLLAIRE

Elle ne s’est pas laissée brûler par l’amour comme la Callas qu’elle campe sur scène*, ni dévorer par son image, comme la Anita Ekberg qu’elle incarne à l’écran*. A 58 ans, la plus aimée des actrices italiennes a su prendre une distance sur les choses de la vie. Trouver ce recul qui apaise. – PAR JEANNE BORDES

On la rencontre à Paris, là où elle vit une grande partie de l’année, quand elle n’est pas à Rome. C’est l’heure d’un « petit cappuccino avec lait d’amande », accompagné d’une sucrerie sans gluten. Juste après un cours de Pilates. Face à cette « longue dame brune », comme le chanterait Barbara, dont la beauté, saluée par tous, envoûte, on sent quelque chose de puissant, de terriblement ancré. Derrière la douceur de la voix qui enrobe, une force émane de Monica Bellucci, une détermination qui, par exemple, l’a immédiatement poussée à dire « Oui » à Tom Volf quand il lui a proposé d’interpréter Lettres & Mémoires de Maria Callas sur scène, alors qu’elle n’avait jamais fait de théâtre…

GALA : Vous n’avez pas eu le trac, Monica ?
MONICA BELLUCCI :
 Bien sûr. Et je l’ai encore. D’autant que je joue cette pièce en italien, en français en anglais, on a fait une tournée internationale qui est passée par Istanbul, Rome, Milan, Venise, Londres, Monaco… Là, on revient à Paris, puis ce sera New York et Los Angeles. Mais j’ai tout de suite eu envie d’incarner cette Callas de Tom Volf. Pas la diva intransigeante mais la femme secrète, intime, qui est morte d’amour.

GALA : Qu’y a-t-il de vous dans cette artiste qui se laisse dévorer par les sentiments ?
M. B :
 Elle touche le cœur de toutes les femmes, je crois. En tout cas le mien. Une copine à moi me disait récemment : « Tu crois que les hommes aiment comme ça ? Qu’ils sont capables de mourir d’amour ? »

GALA : Ou capables d’écrire, comme elle le fait à Onassis, « Je suis à toi – fais de moi ce que tu voudras. » Avez-vous déjà écrit, dit ou même pensé ce genre de phrase ?
M. B 
: Avoir une telle soumission à l’amour ? Je pense que oui. Après, quand on a des enfants, aucun homme ne peut plus prendre cette place dans votre cœur. On peut bien sûr aimer un homme entièrement, avec tout son être, mais vraiment tout son être, mais l’amour que l’on donne à ses enfants est encore plus grand.

GALA : Vous avez d’ailleurs dit un jour que vos filles, Deva et Léonie, étaient les réponses à toutes vos questions.
M. B. 
: (Elle sourit) Oui. En dépit d’une vie de voyages, d’émotions, de rencontres, de tout, c’est l’expérience suprême. Peut-être est-ce parce que je les ai eues tard, – ma première fille à 40 ans et la deuxième à 44 et demi –, que j’ai vécu leurs naissances aussi intensément…

“Je ne veux pas être une mère qui enferme”

GALA : Vous pensez qu’avoir un enfant peut sauver de tout ?
M. B
. : Non. Ce serait une trop grande responsabilité à leur faire porter. Mais personnellement, ça m’a ancrée en quelque chose de très fort et de très beau. Après, je ne veux pas être une mère qui enferme, au contraire, je suis heureuse de les voir s’envoler.

GALA : Votre benjamine, Léonie, a 12 ans et demi, elle est encore avec vous pour longtemps, mais avez-vous l’angoisse du « nid vide » ?
M. B. 
: Non. D’une part parce qu’on n’a jamais eu de vie très quotidienne, dans le sens où on a beaucoup voyagé, il n’y avait donc pas cette routine que l’on peut craindre de perdre. Et puis les enfants sont toujours là, même s’ils ne le sont plus physiquement.

GALA : Vous avez mené une vie de nomade, en effet. Vous avez vécu dans plusieurs pays. Vous sentez-vous étrangère partout, même en Italie ?
M. B.
 : Un peu, oui. Je suis italienne mais je ne vis pas là-bas. Et dès l’âge de16/17 ans, j’ai travaillé et voyagé. Mon métier m’a fait voler. Et mes enfants m’ont remis les pieds sur terre.

GALA : Deva a 18 ans. Elle a commencé une carrière de mannequin. Vous reconnaissez-vous en elle ?
M. B.
 : Les enfants d’aujourd’hui vont beaucoup plus vite que nous. Ils ont une maturité déjà affirmée. Et n’ont pas peur de parler de leur sensibilité, de dire ce qui les fragilise, et je trouve ça formidable. Nous, on n’osait pas au même âge.

GALA : Pour revenir à la Callas, elle parle beaucoup de l’âme qui, avec les années, « se consume, et l’énergie aussi ». Vous sentez-vous également plus fragile Monica avec le temps ?
M. B. 
: Non. Je me sens beaucoup plus forte. C’est compliqué la maturité pour une femme, on s’approche de la mort, on n’a pas envie, parce que la vie est belle malgré toutes ses difficultés, on veut vieillir au moins en bonne santé – et moi j’ai encore deux filles qui ont besoin de leur mère –, mais le temps qui passe vous fait acquérir une distance avec les choses. Je veux dire que, même si j’adore, si j’ai une passion pour mon travail et que je mesure la chance que j’ai de pouvoir continuer, je pourrais m’arrêter demain. Dire : « Merci pour tout ce que j’ai eu, c’est magnifique ! », et prendre du temps pour moi. Parce que je réalise que, dans ma vie, j’ai beaucoup donné à mon travail. Je me suis laissée envoûter par lui et c’était formidable, toutes les expériences belles ou mauvaises que j’ai vécues m’ont enrichie, mais aujourd’hui je pourrais envisager de faire juste des petites choses par ci par là, bien choisies.

GALA : Avez-vous parfois eu le sentiment de n’être qu’un trophée pour les autres, pour les hommes notamment ?
M. B. 
: C’est le dilemme de tous les gens qui ont une image publique. Que ce soit en amour comme en amitié. Mais si on doit vivre avec cette interrogation, on meurt ! Et puis, avec l’expérience, on apprend, d’une part, à faire le tri et, d’autre part, que personne n’est tout noir ou tout blanc. On prend de la distance. Sinon chaque expérience douloureuse te durcit et tu perds ce rapport de douceur avec l’existence qui, selon moi, est si important.

GALA : Avez-vous été dans la colère ?
M. B.
 : Non, la colère n’a jamais été mon moteur. Mais j’ai été quelqu’un d’agité. Ne serait-ce qu’à cause de ma vie qui l’était, de mon parcours atypique, du fait de n’appartenir à aucune famille : de Kusturica à Wachowski, en passant par Gaspar Noé ou Tornatore, j’ai fait le choix d’aller là où je voulais. Mais aujourd’hui j’ai envie de mettre le frein.

GALA : À présent les femmes osent parler de choses du féminin qui ont longtemps été taboues : une BD va sortir qui s’appelle Si les hommes avaient leurs règles, Isabella Rossellini vante les joies de la ménopause, Virginie Despentes revendique son féminisme de façon crue… Où vous placez-vous ?
M. B.
 : Virginie Despentes, elle y va ! « Bella roc » ! Et elle a raison. Pourquoi pas ? C’est beau qu’une femme ait le courage de parler cru ! Mais il y a plein de manières de faire les choses, il y a des guerres ouvertes, et des guerres silencieuses qui sont tout aussi puissantes… (elle sourit).

GALA : Avez-vous renoncé à certains rêves pour être là où vous êtes aujourd’hui ?
M. B.
 : Faire des choix, c’est forcément renoncer, mais je n’ai jamais regretté ceux que j’ai faits. Et, à la fin, même si j’espère qu’elle est encore très, très loin, ma vie a eu bien sûr des hauts et des bas, mais si je fais les comptes jusqu’à maintenant, je me dis que… j’ai reçu beaucoup. Je ne sais pas ce qui m’attend encore mais je suis heureuse d’être là où je suis.

GALA : Croyez-vous au destin ?
M. B.
 : Non. Il peut y avoir des moments de grâce mais je ne crois pas que les choses soient écrites. On les écrit soi-même.

GALA : Vous seriez capable de vieillir seule ?
M. B. 
: C’est quand on a compris que l’on peut vivre seul que l’on est prêt à vivre avec un autre, non ? Et moi je sais très bien vivre avec moi-même ! Quant à ma vie privée, je n’en parle pas.

GALA : Redoutez-vous ce moment où les hommes ne se retourneront plus sur vous, ce sentiment qu’ont beaucoup de femmes vers l’âge de 60 ans d’être devenues invisibles, de ne plus être regardées ?
M. B.
 : Je l’ai été suffisamment, merci beaucoup, c’est bien comme ça. Je ne recherche plus ce regard-là. À partir d’un certain âge, on est dans une autre énergie. Que ce soit dans le travail ou dans la relation à l’autre. Mes priorités ont changé, ce que j’attends d’un homme aussi. Jeune, je cherchais une forme de combat dans l’amour, aujourd’hui, je préfère la complicité. J’ai besoin de sérénité dans ce que je vis.

GALA : Vous vous projetez grand-mère ?
M. B.
 : Oui. Si ça ne tenait qu’à moi j’adorerais même maintenant ! (Elle rit) Mais, pour ma fille, j’espère qu’elle va attendre un peu !

*Lettres & mémoires de Maria Callas les 14 et 15 novembre au Théâtre du Châtelet, à Paris. Le 21 et 22 octobre, elle sera au Festival Lumière, à Lyon, avec The Girl in the Fountain, documentaire autour d’Anita Ekberg d’Antongiulio Panizzi. Et dans le thriller Memory avec Liam Neeson, sur Amazon Prime. Cet entretien est à retrouver dans Gala N°1529, disponible depuis jeudi 29 septembre.

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September 25, 2022

Depuis maintenant deux ans, Deva Cassel défile et prête son visage à la marque Dolce & Gabbana. Sa mère Monica Bellucci continue de la soutenir depuis le premier rang.

MILAN, ITALY – SEPTEMBER 24: Eva Herzigova, Monica Bellucci and Bianca Balti are seen on the front row of the Dolce & Gabbana Fashion Show during the Milan Fashion Week Womenswear Spring/Summer 2023

La fille aînée de Monica Bellucci et Vincent Cassel poursuit sa carrière de mannequin. Samedi 24 septembre, la jeune et jolie Deva Cassel s’est en effet illustrée sur le podium du défilé Dolce & Gabbana, lors de la présentation de la collection prêt-à-porter printemps-été 2023. Un événement organisé dans le cadre de la Fashion Week de Milan, auquel sa mère a assisté depuis le premier rang. 

Avant même de découvrir Deva, les photographes et spectateurs ont pu reconnaître Monica Bellucci derrière ses larges lunettes de soleil noires. L’actrice italienne de 57 ans a pris place en front row, au milieu des tops Bianca Balti, Eva Herzigova ou encore Ashley Graham. Elle a également pu croiser le clan Kardashian, venu de Californie pour soutenir Kim Kardashian, muse et collaboratrice de cette collection «Ciao Kim» qui revisite des pièces vintage de la maison, piochées dans les archives des années 1990 et 2000.

Deva Cassel, walks the runway for the Dolce & Gabbana Spring-Summer 2023 fashion show as part of Milan Fashion Week on September 24, 2022 in Milan, Italy.

Vêtue d’une robe en dentelle noire transparentes, accessoirisée de gants et de bas de voile noir, ainsi que d’une large croix portée autour du cou, Deva Cassel a fait une apparition remarquée sur le podium.

En juillet dernier déjà, à Syracuse, Deva Cassel s’était illustrée lors du défilé Alta Moda donné par cette même maison. La jeune femme de 18 ans reste donc fidèle à la marque italienne, qui lui fait confiance depuis maintenant deux ans. Deva Cassel est même le visage du parfum Dolce. Un début de carrière prometteur que sa célèbre maman suit de près.  (с)

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September 20, 2022

03/12/2022 to 14/05/2023
Museum für Fotografie, Jebensstrasse 2, D – 10623 Berlin, Deutschland

The special exhibition “Helmut Newton. Brands” by the Helmut Newton Foundation in the Museum for Photography shows over 200 photographs, including many unknown motifs from Newton’s collaborations with internationally renowned brands such as Swarovski, Saint Laurent, Wolford, Blumarine and Lavazza. Newton did not distinguish compositionally or stylistically between the magazine editor and the direct orders of such clients, often mediated through advertising agencies. He ironically called himself “A Gun for Hire” – and that was also the name of the posthumous exhibition of his commercial photography, which was shown in 2005 first at the Grimaldi Forum in Monaco and then at the Museum of Photography.

Helmut Newton, Monica Belluci, Blumarine, Nice 1993 © Helmut Newton Foundation

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September 16, 2022