May 19, 2022

Robe en dentelle, Dolce & Gabbana. Collant Falke. Collier Réflexion, en or gris et diamants, Cartier. Escarpins Christian Louboutin. Thiemo Sander

On découvrira bientôt Monica Bellucci en Anita Ekberg au cinéma dans The Girl in the Fountain, d’Antongiulio Panizzi. Pour Madame Figaro, perruque blonde et lentilles bleues, elle s’est de nouveau glissée dans la peau de l’emblématique héroïne de La Dolce Vita, Palme d’or à Cannes en 1960. Moteur !

Elle vient de retirer son fourreau Balmain, sa perruque d’or, ses lentilles bleues, mais sa voix «bain de miel» nous téléporte immédiatement dans la fontaine de Trevi. Pourtant, la plus internationale des actrices franco-italiennes a depuis bien longtemps brisé son image de bombe latine. Derrière elle, une soixantaine de longs-métrages, des films d’auteur aux blockbusters, en passant par les comédies et les séries télévisées… et à 57 ans, la bellissima n’arrête pas. Elle rentre de Rome, où elle va tourner une comédie avec la réalisatrice américaine Catherine Hardwicke, Mafia Mamma, avec Toni Collette. Le lendemain, elle part pour Istanbul, où elle joue au théâtre Lettres et Mémoires, de Maria Callas, sous la direction de Tom Wolf. Ce spectacle, où Monica Bellucci lit les lettres intimes de la «voix d’or», a connu un tel succès à Paris qu’elle voyage avec lui partout en Europe, et bientôt à Londres, New York et Los Angeles.

Celle qui fut la première James Bond girl de 50 ans entre aujourd’hui dans la peau d’un autre destin fracassé, celui d’Anita Ekberg dans The Girl in the Fountain, d’Antongiulio Panizzi. Ni biopic ni documentaire, c’est un jeu de miroirs entre deux divas… et trois femmes : Anita, Sylvia (son personnage dans La Dolce Vita) et Monica. «C’est un peu comme une master class, explique-t-elle, le processus d’une comédienne pour interpréter un rôle. On la voit se demander si elle doit accepter ou pas, comment aborder le personnage, faire des recherches sur elle, se préparer avec son coach, avec le réalisateur, travailler son accent. En même temps, le public la redécouvre à travers mes yeux. Il y a des retours en arrière, des images d’archives.» C’est aussi une mise en abyme de deux époques et de deux star-systèmes : celui des années 1950 et celui d’aujourd’hui.

«Grâce à ces femmes, celles de ma génération ont beaucoup appris, poursuit Monica. Notamment à nous défendre. À cette époque, quand on avait perdu sa jeunesse et sa fraîcheur, le cinéma, c’était fini. C’est ça le grand changement. Aujourd’hui, les carrières sont longues… En Europe toutefois. Regardez Helen Mirren, Judith Dench, Catherine Deneuve, Nathalie Baye, Isabelle Huppert, Fanny Ardant… Mon âge m’ouvre des portes, me permet d’aborder des rôles nouveaux, plus variés. À l’époque d’Anita, je n’aurais tout simplement plus eu la possibilité de travailler. Dans mon dernier film, Memory, de Martin Campbell, un thriller d’action avec Liam Neeson, j’ai vraiment voulu casser les codes. Pour la première fois, je joue une vraie dure, une femme de pouvoir. J’ai pris du poids, accentué mes cernes. S’amuser à s’enlaidir, voilà le privilège de l’âge.»

Monica et… Anita

«Ses parents auraient mérité le prix Nobel d’architecture», raillait l’acteur Bob Hope. Pourtant, rien ne prédestinait Kerstin Anita Ekberg, née en 1931 à Malmö, en Suède, dans une famille de huit enfants, à crever l’écran. Élue Miss Suède en 1950, elle rate le titre de Miss Univers, mais fait carrière à Hollywood et reçoit même le Golden Globe en 1956 pour son rôle dans Blood Alley, où elle partage l’affiche avec John Wayne et Lauren Bacall. «Lorsqu’elle arrive en Italie pour tourner La Dolce Vita, elle est déjà une star, raconte Monica. Belle, blonde, moderne, libre, avec sa décapotable achetée avec son argent. Celle que Frank Sinatra surnommait l’iceberg choquait beaucoup l’Italie catholique de l’après-guerre. Pourtant, elle a choisi d’y rester.»

Mais la dolce vita finira pas se terminer pour Anita Ekberg, morte en 2015 dans un hospice, seule et sans argent. «Même si elle a tourné d’autres films, dont deux avec Fellini (Boccace 70 et Intervista), on l’a toujours ramenée à la fontaine de Trevi, une scène devenue iconique du cinéma mondial. La Dolce Vita lui a donné la notoriété mais est devenue sa prison, regrette Monica. Pourtant, elle avait du talent. La vie a tellement griffé la femme que l’artiste a disparu. Mais même lorsqu’elle raconte sa détresse, il y a chez elle une espèce d’ironie, de légèreté, d’innocence qui l’a sûrement aidée à survivre. Elle dit que les hommes lui ont tout pris et que son film intime s’appelle La Vie amère. J’espère que notre film lui redonnera le respect qu’elle mérite.»

Monica et… Fellini

«Hélas, je ne l’ai jamais rencontré, mais avec The Girl in the Fontain, c’est un peu comme si j’avais tourné La Dolce Vita. (Rires.) Bien sûr, c’est une référence. Son cinéma, qui oscille toujours entre rêve et réalité, m’a beaucoup inspirée. Notamment La Dolce Vita, Huit et demi, Les Nuits de Cabiria… Fellini savait sublimer les femmes dans leur différence. Giulietta Masina, Anouk Aimée, Anita Ekberg… Aucune ne se ressemblait, contrairement aux héroïnes hitchcockiennes, mais il les aimait toutes et chacune est magnifique à sa manière. Je viens de ce cinéma italien-là. De cette matrice, celle de Rossellini, Vittorio De Sica, Visconti. Celle d’Anna Magnani, de Monica Vitti… Pour en revenir à La Dolce Vita, en dehors du film, évidemment mythique, qui a reçu la Palme d’or en 1960, pour moi, cela représente vraiment le glamour, la fête jusqu’à cinq heures du matin, la jeunesse d’après-guerre qui s’amuse en réaction aux douleurs de la guerre. Mais il y a eu beaucoup de vies brûlées. C’était aussi la grande époque de Cinecittà. Il y avait énormément d’échanges entre nos deux pays… Alain Delon, Annie Girardot, Jean-Louis Trintignant… Tout le monde travaillait en Italie et, à l’inverse, les acteurs comme Marcello Mastroianni ou Claudia Cardinale tournaient souvent en France. Aujourd’hui, c’est différent, mais il y a encore beaucoup de réalisateurs de talent en Italie, comme Paolo Sorrentino, Matteo Garrone ou encore Alice Rohrwacher.»

Monica et… la blondeur

«Une femme blonde attire l’attention, juste de dos. Elle capte la lumière… D’ailleurs, le cinéma est blond. Mes icônes blondes ? Monica Vitti, Marilyn Monroe, Brigitte Bardot et, bien sûr, Anita Ekberg. Je n’ai pas souvent été blonde au cinéma, récemment dans L’homme qui a vendu sa peau, de Kaouther Ben Hania (nommé pour l’Oscar du meilleur film étranger en 2020, NDLR ). J’ai aussi porté une perruque blonde dans la série Dix pour cent ! De toute façon, j’adore la transformation, jouer, c’est mon métier. Pour cette séance, on a repris la perruque de The Girl in the Fountain. Grâce aux mains magiques de John Nollet, on croit vraiment que ce sont mes cheveux. Il m’a expliqué que cette technique artisanale datait de Louis XIV. Il faut un mois pour la fabriquer sur mesure. On la pose comme un gant. Avec un tulle collé à même la peau…» John Nollet complète : «Au cinéma, le cheveu est une partie très importante du jeu, comme un point sur un i. Sur Monica, c’est un blond pale gold, très clair et un peu doré. À Hollywood, le casque blond était un peu plus blanc, presque argenté, car dans les films en noir et blanc, les cheveux devenaient un réflecteur. D’ailleurs, les actrices blondes jouaient souvent avec des partenaires qui ne l’étaient pas pour qu’on ne voie qu’elles. On décolorait et on recolorait… Une vraie torture capillaire. Aujourd’hui, depuis Christophe Robin entre autres, les blonds sont plus profonds et plus naturels… On garde les racines plus foncées pour être raccord avec le teint et les sourcils, donner du relief.»

Monica et… Cannes

«J’y suis allée souvent, comme actrice, maîtresse de cérémonie et même membre du jury. La première fois, c’était en 2000 pour le film Under Suspicion, de Stephen Hopkins. Je me souviens surtout de mon émotion lorsque j’ai monté les marches avec Morgan Freeman et Gene Hackman. Après, bien sûr, je suis revenue pour Irréversible, de Gaspar Noé… Je me souviens de l’émeute, du scandale, de l’amour et de la haine mélangés. Et maintenant, regardez, c’est devenu un film culte. Sans lui, je n’aurais jamais eu le même parcours. Cannes est le plus important festival au monde où des films à petit budget peuvent connaître un grand destin.»

Robe en maille, Balmain. Pendants d’oreilles en platine et diamants, bracelets en platine, diamants et onyx, bague Lignes Essentielles, en or gris et diamants, l’ensemble Cartier Thiemo Sander

Monica et… la maternité

Lors de cette interview, Monica a hâte de retrouver sa fille Léonie, 12 ans, qui ce samedi soir l’attend à la maison. Deva, l’aînée, qui commence sa carrière dans la mode, est à Londres. Monica essaie de lui lâcher la bride sans jamais lâcher prise. «Dans ce domaine, je n’ai aucun conseil à donner. Être mère est un don de soi, et même en tentant de faire au mieux, on ne peut pas éviter les erreurs. Ce qui est sûr, c’est que mes filles sont les personnes qui comptent le plus au monde. Comme je les ai eues tard, j’ai pu travailler moins et leur consacrer du temps, même si parfois, à cause des tournages, je n’ai pas toujours été là au bon moment. Le fait de me voir heureuse, épanouie et passionnée dans mon métier leur donne aussi de la force. Mais, bien sûr, je trimballe avec moi la culture italienne où l’enfant est roi, avec les bons et les mauvais côtés. Je suis très protectrice. Bien manger, bien dormir… ce qu’elles trouvent parfois un peu “soûlant”. D’ailleurs, à la maison, on parle en français mais on se dispute en italien ! Aujourd’hui, je ne sais pas quel chemin suivront Deva et Léonie, mais je sens bien qu’elles ont déjà une indéniable sensibilité artistique. Dans mon dernier film, Memory, je joue une mère négative, tout l’inverse de moi. Au cinéma, un des plus beaux rôles de mère à mes yeux, c’est celui de Sophia Loren dans La Ciociara, de Vittorio De Sica.» (c)

Published by Admin
May 18, 2022
May 6, 2022
May 6, 2022

Monica Bellucci “travels” through the life and career of the great diva – the documentary is expected to premiere in theaters in 2023

Giannis Demolitcas, in collaboration with Tom Wolfe, is directing a documentary about the life of Maria Callas, starring Monica Bellucci in her own production.

According to the script of the documentary, Monica Bellucci “travels” through the life and career of the great diva. From childhood in New York to the years of the war in Athens and from the first steps of a career to a stormy romance with Aristotle Onassis.

Filming began in Athens and included Herodium, the Greek Library of the Onassis Foundation, the Concert Hall and the Acropolis Museum. This was followed by filming in other major European capitals, Istanbul and London (Her Majesty’s Theatre), and then in Paris and New York.

The documentary is expected to premiere in theaters in 2023. (с)

Published by Admin
May 6, 2022

Recently, our site began to work poorly. Due to the aggression of the Russian military forces in Ukraine, the .ru domain was no longer supported due to sanctions. We have decided to change the website address to la-bellucci.site

We are categorically against any hostilities during which children suffer and civilians and any other people die. You can help children who have lost their homes, who are in a difficult situation or who are deprived of their normal lives on the site – help.unicef.org/ukraine-emergency

Published by Admin
April 27, 2022

Host Jon Kelley gets the story from Monica Bellucci about her role in the action thriller with a twist, “Memory,” and what it was like co-starring alongside Liam Neeson.Host Jon Kelley gets the story from Monica Bellucci about her role in the action thriller with a twist, “Memory,” and what it was like co-starring alongside Liam Neeson.

Published by Admin
April 24, 2022

Dünyaca ünlü yıldız Monica Bellucci Habertürk’te! Bellucci, Maria Callas’ın hayatına dair bilinmeyen detayların ve ilginç hikâyelerin yer aldığı, Zorlu PSM’de sahneledeği tek kişilik tiyatro oyununun detaylarını, kariyeriyle ilgili merak edilenleri ve çok daha fazlasını Habertürk’e özel röportajda Aysun Öz’e anlatıyor. Aysun Öz’ün hazırlayıp sunduğu Ne Yapsak Habertürk’te…

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